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EXCLU : Interview de Fernando d’Amico

Nous avons rencontré Fernando D’Amico. L’ancien Lillois nous raconte ses folles années au LOSC mais aussi sa reconversion. Découvrez dès maintenant cette interview exclusive.

Salut Fernando, que deviens-tu ?

Après le LOSC je suis parti au Mans, ensuite en Espagne et en Grèce. Aujourd’hui je m’occupe d’une académie de football que j’ai ouvert déjà depuis plusieurs années en Espagne pour manager les joueurs. Je suis installé dans le pays natale (Espagne) de ma femme avec mes enfants.

Pourquoi as-tu créé une académie de Football ?

Pour former les jeunes de 4 à 16 ans mentalement et techniquement, leur inculquer les valeurs de la vie, le respect avec mon expérience. Ce qu’il faut savoir c’est que mon académie n’est pas là que pour créer des footballeurs pros, chaque année il sort 1 ou 2 % de jeunes qui iront dans des clubs pros, c’est donc une forte minorité. Il faut s’occuper des 99 % autres pour les aider à vivre avec le football sans être pros. Au travers de mon académie, je veux qu’ils jouent au foot tout en gardant les pieds sur terre. C’est une passion. Je prends beaucoup de plaisir à leur apporter mon expérience. Le travail de base est le plus important, c’est ce nous faisions avec Vahid (Halilhodzic) et c’est primordial !

Parlons de ton parcours au LOSC, d’abord comment expliques tu la popularité que tu as acquise auprès des supporters en « seulement » 4 ans chez les Dogues ?

J’ai donné ma vie pour le club, je ne pouvais pas donner plus ! C’était 4 ans de folie ! On avait une équipe magnifique et travailleuse avec un coach (Vahid Halilhodzic) qui faisait un travail incroyable pour transcender notre équipe. Il utilisait le meilleur de chacun. Par exemple pour moi il ne me demandait pas de faire des petits ponts, mon rôle c’était de presser, presser, jouer à deux touches de balles et puis aller de l’avant. Chacun était là pour apporter sa pierre à l’édifice. Dans cette équipe il était facile de s’épanouir. Je me sentais en communion avec ce public. Je partageais avec eux les valeurs lilloises; convivialité, combativité, générosité, solidarité. Les supporters devaient m’apprécier, car je donnais tout pour eux et j’étais disponible. En même temps c’est normal, les supporters c’est la pièce la plus importante du football.

Comment expliquer cette incroyable ascension vers les sommets de la ligue 2 en 1998 à la Ligue des Champions en 2001 avec une équipe sans grande star ?

On le doit avant tout à notre coach Vahid. Ce qu’il faut savoir c’est que pour nous le plus dur ce n’était pas les matchs, mais l’entrainement ! À l’entrainement on devait presque… (il réfléchit au mot à utiliser) vomir ! L’homme qui était chargé de nous faire assimiler tout ça c’était Philippe Lambert, l’entraineur adjoint (aujourd’hui membre du staff du PSG). Ils nous faisaient courir, courir, courir… impossible d’imaginer combien de temps, c’était de la folie ! On a fini par s’habituer et à la fin c’est nous qui en redemandions. Avec ce travail de fou à l’entrainement, une vraie cohésion s’est créée entre nous. En rentrant sur le terrain, personne ne pouvait nous passer à l’époque… même Beckham ou Ronaldinho n’aurait pas pu (rire). On n’avait pas les meilleures qualités techniques, mais le football ce n’est pas que ça, mentalement on était au-dessus des autres équipes.

Est-ce que les valeurs que vous aviez à l’époque sont encore possibles dans le football d’aujourd’hui ?

C’est différent, car avant il n’y avait pas de téléphone, pas d’internet, pas de PlayStation, pas toutes les technologies d’aujourd’hui. Je pense que c’est pour ça qu’il est important d’avoir des anciens dans un club, pour permettre aux jeunes de garder les pieds sur terre. À Lille il y a ça. Avec les Cygan, Pichot, Dumont qui sont là pour donner ces valeurs de notre époque aux jeunes. Cependant, il faut laisser place au football moderne qui aujourd’hui est beaucoup plus basé sur la technique. Le football a évolué comme notre société, il faut essayer de garder un bon équilibre.

Ton meilleur souvenir au LOSC ?

Le meilleur souvenir c’était mes 4 années passées à Lille. Alors que je faisais un essai au LOSC, Vahid m’a fait monter dans le bus sans dire si j’étais retenu ou non. Il m’a regardé dans les yeux et il m’a dit « oui », j’ai compris que j’allais rester ; émotionnellement c’est un moment fort. Ensuite, bien sûr il y avait la montée en ligue 1, le match à Parme qui nous a permis de nous qualifier et jouer la Ligue des Champions, et enfin mon but contre St Étienne (victoire 4-1 du LOSC).

Fernando qui marque c’est un peu un miracle ?!

(Rire), un peu oui, mais disons que ce n’était pas mon job avec Vahid. Il préférait me voir mouiller le maillot que de marquer. Et moi à me dépenser comme un fou, je n’avais plus la fraicheur et la lucidité pour marquer. Pourtant je vais te dire un truc qui va te faire rire : aujourd’hui je joue en foot en amateur et je suis attaquant et je marque beaucoup !

« Si on m’appelle pour aider le club je dirais oui »

Tu as un petit regret sur ton départ du LOSC et la suite de ta carrière qui n’a pas été aussi prometteuse ?

Un peu oui. Je regrette un peu la façon dont j’ai quitté le LOSC. J’étais un peu le chouchou de Lille et beaucoup se sont demandés comment je pouvais passer du LOSC au Mans… alors que je faisais encore partie des meilleurs milieux défensifs du Championnat de France. À l’époque j’avais eu l’information comme quoi Bielsa me surveillait de prêt pour me sélectionner en équipe d’Argentine, ce qui est tombé à l’eau suite à mon transfert.

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Pourquoi tu n’es pas resté ?

Je voulais… j’arrivais en fin de contrat et le club voulait me prolonger… puis finalement non. Tu sais dans la vie tu ne décides pas de tout. C’est l’entourage, des petits détails, de la chance… que je n’ai pas eu. C’est mon seul petit regret de ne pas être resté plus longtemps, mais je ne regrette rien c’était 4 années magnifiques !

Tu es resté en contact avec le LOSC ?

Bien sûr, à chaque fois que je reviens sur Lille je vais voir des matchs, je revois souvent d’anciens joueurs, Grégory Wimbée, Dagui Bakari, Michael Beck, Mile Sterjovski, Raphaël Schimtz etc… Je suis toujours le LOSC bien évidemment, je regarde les matchs, j’ai suivi le doublé, l’énorme travail de Michel Seydoux depuis son arrivée. Tous les dirigeants sont super avec moi et quand je reviens au stade, je me sens aimé un peu comme si c’était ma maison.

Justement est-ce tu envisages d’intégrer le LOSC pour y jouer un rôle dans le staff ?

On ne m’a rien proposé pour le moment, mais oui je voudrais bien. Peut-être un jour ça arrivera. Le LOSC c’est très important, donc si on m’appelle pour aider je dirais oui.

Que penses-tu de la modernisation du centre d’entrainement et de la construction du Grand Stade ?

C’est impressionnant ! Le domaine de Luchin c’est une des plus belles installations mondiales ! C’est idéal pour la formation. C’est génial de voir qu’après notre passage le LOSC a autant investi dans les infrastructures. Les supporters le méritaient. À notre époque c’était autre chose… avec tout ce matériel, cela aurait été extraordinaire. J’ai vu beaucoup de matchs au Stade Pierre Mauroy, c’est un superbe stade. Un vrai stade de Ligue des Champions, on en aurait bien eu besoin à l’époque pour jouer nos matchs à domicile*. Mais bon nous c’était plus romantique de jouer dans notre petit stade. On en discute entre anciens et pour nous le Stade Pierre Mauroy cela aurait été trop grand ! Michel (Seydoux) il a fait un gros travail là dessus. Je suis resté qu’un an avec Michel, mais j’admire tout ce qu’il a fait pour le LOSC.

Toi qui suis l’actu du club que penses-tu du nouvel entraineur du LOSC Hervé Renard ?

La vérité c’est que je ne le connais pas beaucoup. Je sais qu’il a fait un grand travail en Afrique avec de très bons résultats et tu sens qu’il a de la personnalité, on verra ce que ça va donner.

Un petit mot de fin pour les supporters ?

Qu’il continue d’encourager leur équipe de cœur. Le LOSC sans ses supporters n’existerait pas. Ils ont un énorme cœur. Personnellement je les remercie pour tout l’amour, les « câlins » qu’ils m’ont donnés dans ma carrière de footballeur. Je leurs dis « continuez de donner cet amour à cette nouvelle génération, ils ont besoin de vous ».

Merci à Fernando D’Amico pour sa disponibilité.

* Lors de la saison 2001-2002 pour sa campagne de Ligue des Champions le LOSC avait été contraint de délocaliser ses matchs de Ligue des Champions au Stade Felix Bollaert à Lens.

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